|
oct
28
|
|
Houlà, voilà presque un an qu’aucun nouveaux post n’a été fait sur ce blog. Même si je n’ai pas cessé mes lectures depuis lors (y compris de super livres personal MBA ou non), l’arrivé d’un deuxième bébé dans la famille a rendu mes restitutions plus espacées. Enfin bon, je m’égare.
Si je reprends le clavier, c’est pour parler d’un sujet que je trouve passionnant et du dernier livre que je viens de terminer que je trouve très bon : « Thérapie brèves : principes et outils pratiques » :
Thérapie brève ?
Ce livre n’est pas mon premier livre sur le sujet de la thérapie brève. Le sujet est très intéressant et m’apporte énormément tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel, où j’y trouve beaucoup d’outils très concret et facilement adaptable dans mon travail de coach. Si vous ne connaissez pas la thérapie brève (Wikipedia) je vais essayer de vous la définir brièvement. Attention, cette définition n’engage que moi.
La thérapie brève est un courant récent de psychothérapie née dans la mouvance de l’école de Palo Alto. Il existe plusieurs formes de thérapie brève, cependant on retrouve certains principes communs :
- Ce qui est important ce n’est pas forcément de comprendre pourquoi un problème est là, le plus important est de le résoudre.
- Si un problème est toujours présent après plusieurs tentatives de résolutions il faut en conclure que les tentatives sont inefficaces et il convient de les arrêter pour en essayer d’autres.
- Il convient d’observer le problème dans le système plutôt qu’isolément. Isolément le problème n’existe peut-être même pas.
- La thérapie doit rester courte (une dizaine de séance max bien souvent).
- La communication est un vecteur primordial de changement.
Voilà les quelques points marquant que j’ai repris du livre.
Ne pas étiqueter les symptômes :
[…] En pratique le MRI (Mental Research Institute) de Palo Alto n’utilisera pas ces normes et étiquettes. On n’y parlera pas d’un “alcoolique” mais de quelqu’un qui dit avoir des problèmes dans sa consommation d’alcool : c’est lui qui le dit et ce n’est pas une étiquette de trouble pathologique. Le poids de cette étiquette, son influence auto-réalisante risque d’être anti-thérapeutique. Pas facile d’aborder une “anorexique” ou un “psychotique”, par exemple, sachant le poids de l’imagerie que nous avons par rapport à ces concepts. Dans notre pratique thérapeutique, nous éviterons donc l’utilisation de ces étiquettes, afin de diminuer la tendance à la réalisation automatique des prédictions, ne pas limiter notre créativité thérapeutique et disqualifier le patient : nous préférons utiliser sa façon de voir. Il est plus facile de faire manger quelqu’un que de traiter une anorexie mentale.
La place du thérapeute est déterminante. Contrairement à d’autres courant de pensée, la thérapie brève considère qu’à partir du moment où il intervient avec patient, il rentre dans le système de ce dernier, qu’il le veuille ou non. Sa croyance dans les possibilités de guérisons de son patient sera capitale:
Une maman a des “crises de boisson” : une à deux fois par semaine elle se trouve dans un état d’ébriété avancé qui ne lui permet pas de s’occuper de son bébé. Celui-ci a été placé en institution par décision du juge de la jeunesse. La maman demande à l’assistante sociale de la rassurer sur sa qualité de “bonne mère”. Celle-ci pourrait lui dire très sincèrement qu’elle ne la croit pas capable d’être une bonne mère. Elle pourrait aussi nuancer son propos en précisant qu’actuellement, elle n’est pas à tout moment capable d’élever sa fille. Ainsi, elle rend compte des raisons du placement, permet de reconnaître qu’à certains moments cette mère est adéquate et ne préjuge pas de l’avenir.
Mais dans ce cas-ci, l’assistante sociale croyait que cette mère ne serait jamais une bonne mère. Elle pensait qu’elle serait hypocrite si elle laissait à cette maman l’espoir de s’en sortir. Peut-elle confondre sa croyance – ce n’est que sa croyance! – avec ce qui, demain, sera réalité ? Que sait-elle de façon certaine de cette réalité future ? Est-elle d’une aide quelconque quand elle pollue cette maman par ses convictions ?
En d’autres termes : est-il préférable qu’elle soit “sincère”, authentiquement destructrice, alors qu’elle est peut-être dans l’erreur ? Où peut-elle apprendre à relativiser son credo actuel, en sachant que c’est ce qu’elle croit, mais qu’elle peut se tromper… La sincérité qui tue, dans la relation d’aide : “Non, merci!”.
Le touriste, le plaignant et le client:
Afin d’aider au mieux leurs clients, les auteurs catégorisent ceux-ci selon trois catégories, chaque catégorie ayant ces outils propres d’aides. L’idée de base est que l’on ne peut forcer pas une personne à changer si celle-ci ne le souhaite pas, ce serait une pure perte de temps. Seule celle qui a vraiment la motivation de changer pourra accomplir un travail utile. Pour les autres, il faudra s’axer sur leurs douleurs pour les mettre sur la route du changement. Voici les trois catégories en pratique :
Touriste: N’a pas de problème. Plaignant: A un problème attribué à l’extérieur de lui: il est “victime”. Client: A un problème et est prêt à “relever ses manches” pour que cela change: une partie au moins dépend de lui. Guideline de départ
Dès le premier contact :
- définir rapidement si le patient est touriste, plaignant ou client;
- garder à l’esprit qu’il est là parce qu’il souffre : moteur et objectif;
- garder à l’esprit que si le thérapeute est là, c’est pour atteindre l’objectif : la diminution rapide, complète, durable de sa souffrance. Tout ce qui sera fait (tactiques) le sera dans cette optique (stratégie) et avec bienveillance;
- c’est son problème, sa solution, son bénéfice;
- s’en tenir aux faits, attention aux sens donnés : on vérifie ce que l’on croit…
Voilà un exemple d’outil pour aborder un travail avec un touriste :
La baguette magique à trois coups
“Si par magie, grâce à une baguette magique à trois coups, tu pouvais changer trois choses dans ta vie, que changerais-tu ?”
Très souvent, le touriste voit bien ce qui serait chouette dans sa vie! Il nous décrit ainsi ce que nous appellerons désormais ses trois objectifs.
Paradoxe
Le changement est parfois difficile. On retrouve dans la thérapie brève la notion de « tennis relationnel » ou de « danse ». L’autre fait cela, donc je réponds de cette manière, qui entraine sa réponse, qui entraine la mienne, etc.
Certains clients auront du mal à sortir de ce cycle infernal, soit par qu’ils estiment que leur réponse est la seule réponse logique, soit par ce qu’ils estimeront qu’ils sont dans leur bon droit :
J’utilise cette métaphore quand le plaignant rechigne à être actif “parce qu’il a raison”, “parce qu’il est en droit” [...].
“Imaginez qu’un conducteur qui roule paisiblement sur l’autoroute soit heurté par un véhicule qui l’envoie hors de la route : notre homme se retrouve dans l’herbe, la jambe fracturée, tremblant de mal et de peur… Dix minutes plus tard, les secours arrivent. Que penseriez-vous de cet homme s’il refusait de monter dans l’ambulance sous prétexte qu’il est en droit?”
L’exemple des robinets croisés:
Vous vous rendez dans un petit hôtel pour y passer le week-end. Arrivé sur place, vous voulez vous débarbouiller les mains et allez jusqu’au lavabo de la salle de bains. Pour obtenir de l’eau chaude, vous tournez le robinet rouge… qui débite de l’eau froide. A tout hasard, vous essayez le bouton bleu… qui vous donne de l’eau chaude! Ce soir, quand vous ferez un petit brin de toilette avant de vous mettre au lit, irez-vous au bouton bleu ou au bouton rouge pour avoir de l’eau chaude?
Dans cet exemple, nous répondons tous “le bleu”… alors que dans la vie, nous irons à répétition essayer le rouge “puisque c’est celui qui donne l’eau chaude” (logique…).
Voilà enfin un premier article sur ce sujet sur mon blog ! Cependant, de part mon attrait pour ce sujet, je vous en promet d’autres dans les semaines qui viennent : PNL, hypnose Ericksonnienne, thérapies orientées solutions, etc. Revenez dans quelque temps.
|
21:28
|



Comment la thérapie brève peut être utilisée en entreprise ? Est-ce un sujet traité dans le livre ? Les exemples ici semblent plus portés sur la vie de tous les jours que dans l’entreprise, mais peut-être que ce n’est pas vraiment le sujet.
Content de te voir bloguer à nouveau !